Commission sans visite : peut-on légitement la refuser ?

par | Sep 19, 2025 | Immobilier | 0 commentaires

Vous avez reçu une facture d’une agence immobilière pour une commission sans visite, alors que vous n’avez même pas posé un pied dans le bien ? Ce coup bas dans la transaction immobilière ressemble un peu à un plaquage surprise en plein match de rugby. Derrière cette situation frustrante, se cache pourtant un cadre légal précis, encadré par la loi Hoguet et ses exigences : mandat écrit, rôle déterminant de l’agence ou preuves d’un court-circuitage. On vous explique comment distinguer une réclamation abusive d’une exigence légitime, et comment éviter de se faire pénaliser dans ce jeu où les règles sont parfois méconnues.

 

Si vous êtes pressé(e) : Une agence ne peut exiger de commission sans mandat écrit et rôle déterminant. En cas de mandat exclusif, la vente directe oblige au paiement. Le bon de visite, s’il atteste d’une mise en relation, n’autorise pas la rémunération. La Cour de cassation (2005) valide ce principe, sauf fraude. Respect des règles et clarté contractuelle évitent les litiges.

 

 

Commission sans visite : une agence immobilière peut-elle vraiment vous la réclamer ?

 

 

Imaginez un plaquage surprise en pleine mêlée de rugby. Voilà comment j’ai vécu l’appel d’un couple affolé : une agence réclamait 8 % de commission alors que leur premier contact s’était limité à un coup de fil. Vous aussi, cette situation vous interpelle ?

La loi Hoguet fixe des règles strictes. Pour qu’une agence touche sa commission, trois piliers doivent être réunis. D’abord, un mandat écrit signé avant toute démarche commerciale. Ensuite, une preuve d’intervention déterminante dans la vente. Enfin, une mention explicite de la commission dans l’acte notarié.

Le bon de visite, souvent brandi comme preuve, n’a pas de valeur juridique automatique. C’est l’effet combiné du mandat exclusif et de l’implication active dans la négociation qui fait foi. Imaginez un entraîneur qui ne viendrait pas sur le terrain mais exigerait les mêmes primes que les joueurs : la logique est similaire.

 

Illustration d'un agent immobilier discutant de commissions avec des clients

 

 

En cas de réclamation abusive, trois recours s’offrent à vous : vérifier les clauses du mandat, analyser la réelle contribution de l’agence, ou saisir la DGCCRF en cas de pratiques frauduleuses. Une agence sérieuse conserve des traces écrites de chaque étape de la transaction.

 

Les règles du jeu : que dit la loi sur la commission de l’agent immobilier ?

 

La loi Hoguet encadre la rémunération d’un agent immobilier. Sans respect des fondamentaux, la commission est perdue.

Un mandat écrit et signé avant toute action est indispensable. Un échange verbal est sans valeur juridique, comme une faute non sanctionnée. Ce document doit préciser les honoraires et leur répartition (vendeur ou acheteur). Sans lui, aucun droit à commission, même si l’agence a facilité la vente.

Ensuite, l’agence doit jouer un rôle effectif et déterminant dans la conclusion de la vente. Seule celle qui a scellé le deal perçoit la rémunération, selon la Cour de cassation (2005). Par exemple, si une première agence a organisé la visite mais que la transaction est finalisée ailleurs, la commission va à la seconde.

Enfin, la signature de l’acte de vente définitif chez le notaire valide la commission. Si la vente échoue (refus de prêt, désistement), aucun paiement n’est dû. « Ce principe du « rien sans résultat » protège les vendeurs et acheteurs contre les réclamations abusives. »

 

  • Un mandat de vente ou de recherche écrit et signé avant toute démarche
  • Une intervention effective et déterminante de l’agent dans la conclusion
  • La mention du montant des honoraires et de la partie redevable (vendeur ou acquéreur) dans le mandat
  • La signature de l’acte authentique chez le notaire

 

Ces quatre étapes forment le socle légal. Une erreur, et la commission est annulée. En pratique, une vigilance rigoureuse est nécessaire. Visualisez les conditions de la loi Hoguet :

 

Les 4 conditions de la loi Hoguet pour la commission d'agence immobilière

 

Le bon de visite : simple formalité ou engagement contractuel ?

 

Vous vous demandez si le bon de visite engage votre parole ou votre portefeuille ? C’est un point de contact uniquement. Il marque une étape, sans garantir la victoire finale.

En immobilier, ce document atteste qu’un bien a été découvert via une agence à une date précise. Pourtant, il n’est pas un contrat. Il ne lie pas l’acheteur ou le vendeur, ni ne remplace un mandat de vente ou un accord écrit.

Sa force réside dans son rôle de moyen de preuve. En cas de litige, il permet à l’agence de montrer qu’elle a initié la mise en relation. Si l’acheteur contourne l’agence pour négocier directement, le bon de visite devient un levier juridique.

 

Le bon de visite n’est pas un engagement d’achat ni un contrat avec l’agence. Sa principale fonction est de servir de preuve de la mise en relation.

 

Pour être valable, il doit inclure des données précises : identité des visiteurs, date, adresse du bien, signature, et informations de l’agence. Sans ces éléments, il perd sa crédibilité. Comme un ballon trop gonflé, il ne tient pas son rôle.

Une étude juridique souligne son rôle de preuve matérielle, surtout avec un mandat exclusif. Si le vendeur vend directement à un acquéreur ayant visité via l’agence, le bon de visite justifie des dommages-intérêts.

Ce document sert de preuve matérielle de votre passage, à condition d’être complet. Il n’est pas une chaîne, mais un repère pour l’agence.

 

Infographie explicative sur le bon de visite

 

Mandat simple, exclusif, semi-exclusif : à chaque contrat ses règles

 

Le choix du mandat détermine votre liberté et les commissions dues. En rugby, le mandat simple équivaut à jouer avec plusieurs avants, l’exclusif à miser sur un buteur star, le semi-exclusif à conserver un équilibre tactique.

 

Le mandat simple : liberté totale mais faible engagement

 

Vous pouvez solliciter plusieurs agences. Seule l’agence ayant conclu la vente perçoit la commission. Si vous trouvez un acheteur seul, aucune redevance n’est exigible, sauf si ce dernier a visité via une agence. Le « bon de visite » prouve alors l’implication de l’agence.

 

Le mandat exclusif : engagement fort, commission garantie

 

Une seule agence gère la vente. Même en trouvant un acheteur seul, vous devrez régler la commission (sauf clause contraire). Ce cadre permet à l’agence de réclamer une commission même sans être intervenue directement dans la conclusion finale. Les honoraires (3 à 7 %) sont négociés contre un engagement sur 3 mois minimum.

 

Comparatif des mandats de vente et commission

 

Le mandat semi-exclusif : le juste milieu

 

Une seule agence est mandatée, mais vous pouvez vendre directement à un acheteur non introduit par celle-ci. Aucune commission n’est exigible dans ce cas. Si l’agence trouve l’acheteur, les frais sont appliqués.

 

Type de mandat Possibilité de vendre via une autre agence Possibilité de vendre en direct Qui touche la commission ?
📄 Mandat simple Oui Oui L’agence qui finalise la vente
🔒 Mandat exclusif Non Non (sauf clause spécifique) L’agence détentrice du mandat, quelle que soit l’origine de l’acheteur
⚖️ Mandat semi-exclusif Non Oui (si l’acheteur n’a pas visité via l’agence) L’agence si elle trouve l’acheteur. Aucune commission en cas de vente directe

 

Comme un entraîneur adapte sa stratégie, le choix du mandat dépend de votre besoin de rapidité ou de contrôle. Pour vendre rapidement avec un accompagnement complet, le mandat exclusif est souvent préférable. Pour plus de liberté, optez pour le mandat simple ou semi-exclusif. N’oubliez jamais de comprendre le contrat avant de signer et de conserver les bons de visite. Retrouvez nos conseils complets sur vendre un bien immobilier.

 

Commission sans visite physique : les cas où l’agence peut marquer des points

 

Le rugby m’a appris que les règles du jeu changent, mais l’esprit de combativité reste. En immobilier, la digitalisation a redéfini les règles. Une agence peut prétendre à une commission même sans visite physique, à certaines conditions.

Le mandat exclusif est une situation clé. Imaginez un contrat signé avec une agence pour vendre votre maison. Même si votre voisin achète le bien sans jamais avoir visité via l’agence, la commission est due. La loi Hoguet protège cette dynamique : l’agence a investi dans la publicité, les diagnostics, et la négociation.

 

« Avec la digitalisation, l’intervention déterminante d’une agence ne se résume plus à la seule visite physique. La transmission d’informations clés peut suffire à justifier sa rémunération. »

 

Les outils numériques transforment la donne. Une agence vous envoie un dossier complet, des visites virtuelles 3D, et des plans détaillés. Si l’acheteur, convaincu par ces éléments, valide sans visiter, l’agence peut prétendre légitimement à sa commission.

Attention cependant aux manœuvres frauduleuses. Si un acheteur contacte une seconde agence pour éviter les frais de la première, c’est une violation flagrante de l’esprit du jeu. L’agence initiale peut réclamer des dommages-intérêts, même sans avoir conclu la vente.

La technologie change la donne, mais ne remplace pas les fondamentaux. Une agence sérieuse adapte ses stratégies tout en respectant les règles. Les honoraires restent encadrés par la loi Hoguet : mandat écrit obligatoire, mention claire des frais, et preuve de l’impact réel sur la transaction.

 

Illustration des obligations d'une agence immobilière pour percevoir une commission

 

Contourner l’agence ça peut vous coûter cher

 

 

<strong>Risques liés au contournement d'une agence immobilière</strong>

 

En immobilier, contourner une agence après une visite c’est une manœuvre risquée qui peut coûter cher. J’en sais quelque chose après six ans dans le secteur. J’ai vu des vendeurs et acheteurs penser économiser des frais, pour finir devant un juge.

Imaginez ce scénario : vous, vendeur, avez signé un mandat exclusif. Un acquéreur visité par l’agence vous contacte directement. Vous sautez sur l’occasion pour éviter la commission. Erreur. Cette faute contractuelle vous expose à payer la commission prévue… et bien plus. L’agence peut réclamer des dommages et intérêts pour préjudice subi. La sanction tombe souvent lourde.

L’acheteur n’est pas épargné. Si vous collaborez pour évincer l’agence, votre responsabilité délictuelle peut être engagée. J’ai vu des cas où des acquéreurs ont dû verser des dommages pour complicité de fraude. Pas une partie de plaisir.

 

  • Pour le vendeur : Payer la commission prévue dans le mandat, plus des dommages et intérêts fixés par un juge
  • Pour l’acheteur : Être condamné à verser des dommages et intérêts à l’agence pour complicité de fraude
  • Pour les deux : S’engager dans une procédure judiciaire longue et coûteuse

 

L’agence dispose d’atouts pour prouver le contournement : un bon de visite signé, des échanges d’emails, des appels enregistrés. Ces preuves suffisent à établir sa responsabilité si la transaction se conclut rapidement après la visite.

La leçon ? Comprenez bien votre rôle dans l’achat immobilier. Les agents ne sont pas des obstacles, mais des partenaires légitimes. Une mauvaise passe peut coûter un match entier… ou un procès. Mieux vaut jouer dans les règles.

 

Réclamation abusive : comment contester et sortir de la mêlée ?

 

Plan d'action face à une commission abusive

 

Premier sas de défense : vérifiez vos documents

 

Dans les litiges immobiliers, votre défense débute avec le dossier. Relisez le mandat exclusif ou simple : précise-t-il qui paie les frais (acheteur ou vendeur) ? Le montant des honoraires est-il clair ? Le bon de visite, s’il est présent, prouve que l’agence vous a mis en relation avec le bien. Sans ces éléments, sa réclamation perd sa base légale. En rugby comme ici, une faille en entraîne d’autres.

 

Contestez par écrit

 

Après vérification, envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception. C’est votre réponse officielle. Exigez des justificatifs : la commission est-elle dans le compromis ou l’acte notarié ? D’après la loi Hoguet, sans mandat écrit préalable et mention dans l’acte final, la demande est irrecevable. Citez ces éléments dans votre courrier.

 

La médiation : l’arbitrage sans carton rouge

 

Si le dialogue échoue, le médiateur de la consommation intervient pour les litiges sous 5 000 €. Obligatoire avant un procès, cette étape dure au maximum 90 jours. L’agence doit vous fournir les coordonnées de son médiateur (obligation légale). Ce dernier propose une solution à l’amiable, évitant des frais inutiles. C’est une passe décisive pour résoudre le conflit.

 

Le renforcement stratégique : consulter un avocat

 

Si l’agence persiste, consultez un avocat spécialisé. Il analysera les failles du dossier, comme l’absence de mandat ou des clauses abusives. Notez : nous ne donnons pas de conseils juridiques.

  1. Vérifiez vos documents : Relisez le mandat de vente signé.
  2. Contestez par écrit : Envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception.
  3. Saisissez le médiateur : Résolvez le conflit à l’amiable (obligatoire avant tribunal pour les litiges < 5 000 €).
  4. Consultez un professionnel : Faites appel à un avocat pour défendre vos droits.

 

Respectez les règles du jeu. Une réclamation abusive se démonte pas à pas. Anticipez les étapes et conservez trace des échanges. Avec méthode, vous éviterez les mauvaises surprises jusqu’au coup de sifflet final.

 

Pour une transaction réussie, jouez collectif et transparent

 

Maintenant que les règles sont claires, retenons l’essentiel : pas de mandat écrit, pas de commission. L’agence ne perçoit sa rémunération que si elle a activement contribué à la vente, pas uniquement par une visite effectuée. La transparence reste votre meilleur allié.

Avant de signer, lisez chaque clause du mandat. Vérifiez qui paie les frais, le montant exact et les conditions d’exclusivité. Une mauvaise compréhension peut coûter cher. Et si un litige survient, sachez que le juge peut annuler une demande abusive, surtout sans preuve tangible de l’implication de l’agence.

 

Illustration d'une <strong>transaction immobilière réussie</strong> avec équipe soudée

 

En tant qu’ancien joueur de rugby, je compare souvent une vente immobilière à un match gagné : chaque joueur a un rôle, les règles sont définies, et la victoire arrive par le travail d’équipe. Envoyer le ballon dans l’en-but sans respecter le jeu équivaut à contourner l’agence – cela mène à un carton rouge… ou un procès !

Alors, avant de franchir la ligne d’arrivée, assurez-vous d’avoir joué franc-jeu. Pour plus de conseils, explorez notre rubrique Immobilier.

 

La vente immobilière exige règles précises.

Pas de mandat écrit, pas de commission : clarifiez tout dès le départ. Transparence et communication évitent les mauvaises surprises. Connaître vos droits transforme chaque transaction en succès.